À 16 ans, je pesais 54 kg pour 1m75.
Pour ceux qui font le calcul rapide : oui, j’avais l’IMC d’une asperge. Une asperge anxieuse avec des problèmes de contrôle.
Mon père m’a sauvé la vie en me sortant de l’anorexie.
Mais voilà le truc qu’on ne vous dit pas dans les films inspirants sur la guérison : les troubles alimentaires, c’est comme les gens toxiques. Même quand vous « guérissez », ils continuent de vous envoyer des messages passifs-agressifs pendant des décennies.
Aujourd’hui, je n’ai toujours pas ce qu’on pourrait appeler « une attitude saine à l’égard de la nourriture ».
(Si vous cherchez l’influenceuse qui va vous vendre du « self-love » et des smoothies detox, mauvaise adresse. Ici, on fait dans l’honnêteté brutale avec une pointe d’autodérision.)
Je navigue entre deux modes, comme un GPS psychologique détraqué : Contrôle Obsessionnel™ et Culpabilité Silencieuse™.
Un jour : « Je maîtrise. J’ai un plan. Tout est calculé au gramme près. Je suis une machine de discipline. Appelez-moi le Terminator de la nutrition. »
Le lendemain : « Pourquoi j’ai mangé la moitié d’un pot de Nutella à la petite cuillère debout devant le frigo ouvert à 23h en regardant dans le vide comme si j’attendais que l’univers me donne des réponses existentielles ? »
(Le frigo était ouvert. J’ai gaspillé de l’électricité EN PLUS de détruire mon plan nutritionnel. Double échec.)
Le surlendemain : « Bon, demain je recommence. MAIS CETTE FOIS AVEC ENCORE PLUS DE RIGUEUR. »
Vous voyez le schéma ? Oui. Moi aussi. Maintenant.
Après plusieurs lectures (beaucoup), des expérimentations (nombreuses, certaines catastrophiques avec des effets indésirables à long terme), et l’observation minutieuse de moi-même et des autres (degré d’obsession : chercheur en laboratoire), j’ai compris deux ou trois trucs.
Des trucs qui m’ont aidée.
Des trucs que je voudrais partager.
Pour vous éviter des erreurs.
Et des dégâts psychologiques inutiles.
Le problème n’était pas mon manque de volonté.
Le problème n’était pas que je n’étais « pas assez forte ».
Le problème n’était même pas le Nutella (même si lui, clairement, il ne m’a pas aidée).
Le problème était bien plus tordu que ça.
Et c’est précisément ce qu’on va explorer ensemble.
Attachez vos ceintures. On plonge dans la psychologie de la minceur, et ça va secouer.
Le Paradoxe Cruel Qui Tue
Pendant plusieurs décennies (disons « un nombre qui commence par plusieurs et se termine par zéro », parce que j’ai horreur de dire mon âge — c’est le seul chiffre que je refuse de compter contrairement aux calories), j’ai cru que mon problème était simple : manque de discipline.
« Si seulement j’avais plus de volonté… » « Si seulement je pouvais me contrôler… » « Si seulement j’étais plus forte… »
La vérité ? J’avais trop du mauvais type de contrôle.
(Oui, il existe un mauvais type de discipline. Surprise ? Moi aussi, quand j’ai découvert ça.)
Voici ce que cet article va vous révéler :
- La découverte scientifique de 1975 qui explique pourquoi plus vous essayez de vous contrôler, plus vous perdez le contrôle
- Les vrais profils psychologiques identifiés par la recherche (pas les inventions Instagram)
- Ce qui marche vraiment selon la science actuelle
Prête ?
1975 : L'Expérience Qui A Tout Changé
L'expérience qui va ruiner votre vie (en bien)
1. Herman & Polivy. Deux psychologues à l’Université de Toronto qui vont révéler une vérité dérangeante.
Voici l’expérience :
Groupe A : Des femmes qui « font attention » à ce qu’elles mangent Groupe B : Des femmes qui s’en fichent royalement
On leur donne un milkshake calorique (pour « casser » leur régime mental si elles en ont un), puis accès illimité à de la crème glacée pour un soi-disant « test de goût ».
Question : Qui mange LE PLUS de glace ?
Si vous avez répondu « les femmes qui s’en fichent », vous êtes comme moi avant de découvrir cette étude : complètement à côté de la plaque.
Réponse : Les femmes qui « font attention ».
Attendez, QUOI ?!
Les femmes en restriction cognitive ont mangé PLUS de crème glacée que celles qui ne se restreignent pas.
Cette expérience a été citée 2,522 fois dans la littérature scientifique. Ce n’est pas une petite étude obscure. C’est un pilier de la psychologie alimentaire.
Source : Herman & Mack (1975) – Lien vers SSIB
Pourquoi c’est important (et terrifiant)
Voici ce qui se passe dans votre tête quand vous « faites attention » :
Cerveau normal :
J’ai faim → Je mange → Je suis rassasié → J’arrête
Votre cerveau en mode régime :
Je ne dois pas dépasser 1200 calories
→ M…, j’ai bu ce milkshake (environ 1201 calories de la journée)
→ MON RÉGIME EST CASSÉ
→ TANT PIS, MAINTENANT C’EST OPEN BAR
→ (6 heures plus tard)
→ Pourquoi je suis comme ça ?
→ Demain je recommence avec ENCORE PLUS de discipline
Vous avez remplacé la sagesse de votre corps (10 millions d’années d’évolution) par les calculs paniqués de votre mental (un contremaître qui pète un câble dès qu’un plan ne se déroule pas parfaitement).
Le Boundary Model : La théorie qui explique tout
Herman & Polivy ont développé en 1984 ce qu’on appelle le Boundary Model (Modèle des Frontières).
Chez les personnes SANS restriction cognitive :
|—-[Frontière de Faim]—-mange—-[Frontière de Satiété]—-|
↑ ↑
Commence Arrête
Régulation physiologique naturelle. Simple. Efficace.
Chez les personnes EN restriction cognitive (vous ?, moi !) :
|—-[Faim]—-[FRONTIÈRE MENTALE]—-[Satiété réelle]—-[Coma alimentaire]—-|
↑ ↑
Tu crois devoir Tu finis ici
t’arrêter après avoir « craqué »
Vous avez créé une frontière cognitive arbitraire (« pas plus de 1200 calories », « pas de sucre », « pas après 18h ») qui se situe AVANT votre vraie frontière de satiété.
Le problème ? Cette frontière cognitive est binaire : soit elle tient, soit elle s’effondre complètement.
Pas de zone grise. Pas de modération. Juste : Contrôle Parfait ou Chaos Total.
Source : Herman & Polivy (1984) – Lien PsychStory
Le « What The Hell Effect »
Herman & Polivy ont donné un nom à ce phénomène : Counterregulatory eating.
Mais honnêtement, le nom qui lui convient vraiment c’est : « J’ai Tout Foutu En L’Air De Toute Façon Donc Autant Finir Le Pot De Nutella Effect ».
Exemple concret de ma vie :
Lundi matin, 7h : « Aujourd’hui commence ma nouvelle vie. Régime parfait. »
Lundi après-midi, 15h : « J’ai mangé 3 amandes de trop. Mon régime est cassé. »
Lundi soir, 21h : « Autant commander une pizza. Et des desserts. Et recommencer demain. »
Mardi matin : « Cette fois c’est la bonne. Régime ENCORE PLUS strict. »
Vous voyez le schéma mental ? Le système ne se répare pas. Il empire.
Source : Polivy & Herman (2020) « Overeating in Restrained and Unrestrained Eaters » – Lien PMC
Les Vrais Profils Scientifiques (Pas ceux d'Instagram)
Attention. Disclaimer important.
Contrairement à 90% des articles « psycho » que vous lisez, je ne vais PAS inventer des profils mignons pour faire joli. Genre « Êtes-vous une Warrior Princess ou une Gentle Soul ? »
(Spoiler : vous êtes un être humain complexe qui ne rentre pas dans une case Instagram.)
Les typologies qui suivent sont issues de la recherche scientifique peer-reviewed. Oui, c’est moins glamour. Mais au moins, c’est vrai.
PROFIL 1 : Les « Restrained Eaters » (Rigid vs Flexible)
Définition scientifique :
« Effort cognitif pour restreindre l’alimentation, indépendamment du succès de cet effort » — Schaumburg et al., 2016 (Source)
Traduction : Vous galérez à vous contrôler. Que ça marche ou pas.
Signes distinctifs :
- Calcul mental obsessionnel des calories (y compris de la salade)
- Un mini-écart = effondrement du système entier
- Conviction que discipline = règles absolues et non-négociables
Mais il y a DEUX sous-types. Et la différence change TOUT.
SOUS-TYPE A : Rigid Restraint (La Prison Mentale)
- Règles absolues inflexibles (« JAMAIS de sucre »)
- Liste mentale d’aliments « interdits »
- Pensée binaire perfection/catastrophe
- Résultat : Échec à long terme (Westenhoefer 1999)
Si vous avez une liste de « Never Foods », félicitations : vous avez construit une prison. Les barreaux sont invisibles mais redoutablement efficaces.
Système parfait. 10/10. (Je mens.)
SOUS-TYPE B : Flexible Restraint (Le Système Viable)
- Lignes directrices souples (pas de dogmes absolus)
- Modération plutôt qu’interdiction totale
- Résultat : Succès durable (Westenhoefer 1991)
En pratique :
❌ Rigid : « JAMAIS de sucre » → Échec dans 3… 2… 1…
✅ Flexible : « Sucre limité à 2-3 fois/semaine » → Système qui tient
La vérité brutale : Dès que « JAMAIS » ou « TOUJOURS » entre dans vos règles alimentaires, vous venez de créer une bombe psychologique à retardement.
PROFIL 2 : Les "Emotional Eaters"
Définition scientifique :
« Tendance à manger en réponse aux émotions négatives plutôt qu’à la faim physiologique »
— Van Strien et al., 1986 (Dutch Eating Behavior Questionnaire)
Source : Frontiers in Psychology
Vous êtes dans ce profil si :
Vous mangez quand vous êtes stressée, triste, anxieuse, ou en colère
La nourriture = votre stratégie principale de gestion émotionnelle
Vous utilisez la nourriture pour « avaler » vos émotions
« Manger ses émotions » = votre mode par défaut
Le piège scientifiquement prouvé :
Emotional eating est associée à des stratégies de coping moins adaptatives comme :
L’évitement émotionnel (ne pas affronter le problème)
La régulation par distraction (manger pour ne pas ressentir)
Source : Spoor et al. (2007) – Frontiers
La réalité brutale :
Mauvaise journée au boulot ? Pizza.
Dispute avec votre conjoint ? Glace.
Facture surprise ? Chips.
Anxiété existentielle à 3h du matin ? Nutella.
Votre corps est devenu une poubelle émotionnelle avec un système digestif.
Et le pire ? Ça marche. Temporairement.
La nourriture procure effectivement un soulagement émotionnel immédiat (dopamine, baby !). Mais c’est comme se soigner avec de l’alcool : ça engourdit le problème sans jamais le résoudre.
PROFIL 3 : Les "External Eaters"
Définition scientifique :
« Haute susceptibilité aux indices alimentaires externes – manger en réponse à la vue ou l’odeur de nourriture, indépendamment de la faim physiologique »
— Van Strien et al., 1986
Source : ScienceDirect – Eating Behavior
Vous êtes dans ce profil si :
- Vous mangez parce que « c’est l’heure » (pas parce que vous avez faim)
- Une publicité alimentaire vous fait saliver comme le chien de Pavlov
- Vous ne pouvez pas résister si la nourriture est visible
- Les odeurs de boulangerie = votre kryptonite personnelle
- Le simple fait de VOIR de la nourriture déclenche l’envie de manger
La science derrière (important) :
Les personnes en surpoids ET les restrained eaters répondent PLUS FORTEMENT aux indices alimentaires sensoriels que les personnes de poids normal.
Source : Herman & Polivy (2008) – ScienceDirect
Traduction : Votre cerveau est hyper-réactif aux signaux de nourriture dans l’environnement.
Exemple concret (vécu) :
Votre self-control face à une boulangerie qui sort ses croissants chauds : 0/10
Votre capacité à inventer des justifications (« C’est pour soutenir les petits commerces ! » / « Je l’ai mérité ! » / « C’est du beurre fermier, c’est presque healthy ! ») : 11/10
PROFIL 4 : Le Combo Mortel - "Restrained + Emotional + External"
Maintenant, la mauvaise nouvelle.
La plupart d’entre nous ne sommes pas QUE dans une catégorie.
La recherche montre que beaucoup de « restrained eaters » sont AUSSI des « emotional eaters » ET des « external eaters ».
C’est ce qu’on appelle l’hétérogénéité de la mesure Restraint Scale.
Source : Heatherton et al. (1988) – ScienceDirect
Le cauchemar parfait :
Vous combinez :
- Des règles rigides (Restrained)
- Manger vos émotions (Emotional)
- Une vulnérabilité extrême aux indices alimentaires (External)
Résultat : Une bombe à retardement psychologique avec un détonateur fait de Ferrero Rocher.
Mon témoignage (100% honnête) :
C’était moi. Exactement moi.
Règles strictes (« pas de sucre jamais ») + stress émotionnel constant + incapacité totale à résister si je VOYAIS de la nourriture tentante = cycle infernal pendant 30 ans.
Le pire ? Je croyais que le problème était mon manque de volonté.
Non.
Le problème était le SYSTÈME lui-même.
Un système rigide + des déclencheurs émotionnels + un environnement rempli d’indices alimentaires = recette parfaite pour l’échec garanti.
Pendant Ce Temps, Dans Votre Tête : La Surveillance Permanente
Il y a un autre niveau à cette histoire. Un niveau plus profond et plus insidieux.
Pendant que vous comptez les calories et résistez aux croissants, quelque chose d’autre se passe dans votre tête.
Self-Objectification : Quand Vous Devenez Votre Propre Inspecteur
Définition scientifique :
« Processus par lequel les femmes internalisent le regard externe et se perçoivent comme des objets à évaluer plutôt que comme des sujets vivants »
— Fredrickson & Roberts, 1997 (Objectification Theory)
Source : PMC – Pathways from Sociocultural Constructs
Traduction en français : Vous avez intériorisé le regard critique de la société. Vous vous regardez vous-même comme si vous étiez une autre personne qui vous juge.
La cascade toxique :
Société : « Sois mince et belle »
↓
Vous : « OK, je vais m’observer en permanence »
↓
Body Surveillance : « Est-ce que je parais grosse dans ce jean ? »
↓
Body Shame : « Je suis horrible »
↓
Restrained Eating : « Je DOIS me contrôler »
↓
Échec inévitable : « J’ai craqué, je suis nulle »
↓
Plus de Shame
↓
RETOUR AU DÉBUT (mais pire)
Vous passez plus de temps à vous observer qu’un garde-frontière nord-coréen.
Sauf que le prisonnier, c’est vous.
Les chiffres qui font peur
Méta-analyse sur l’exposition aux images de mannequins minces :
L’exposition à des images de corps minces idéalisés produit systématiquement une image corporelle plus négative chez les femmes.
Taille d’effet : d = -0.28 à -0.39
Traduction pour les humains normaux : c’est un effet petit à moyen, mais constant et reproductible.
En clair : ce n’est pas énorme, mais c’est systématique. Chaque exposition te tire vers le bas. Un peu. Mais si tu scrolles Instagram 47 fois par jour, ces « un peu » s’additionnent.
(C’est comme des petites gifles psychologiques. Une seule ne te tue pas. Mais 300 par jour pendant 5 ans ? Oui, ça laisse des traces.)
Source : Grabe, Ward & Hyde (2008) – Springer
Ma blague préférée sur ce sujet :
Instagram : L’endroit où des femmes qui ont passé 3 heures en préparation, avec éclairage professionnel, 47 filtres, et probablement Photoshop, te font croire qu’elles « se réveillent comme ça ».
Et moi, pauvre idiote, je me comparais à ça tous les matins. Maintenant j’ai arrêté. Enfin… disons que j’ai « souvent » arrêté. Genre, je désinstalle Instagram avec une conviction de guerrière. « CETTE FOIS C’EST FINI. Je reprends le contrôle de ma vie !
Durée moyenne avant réinstallation : 14 heures.
Record personnel : 3 jours. (J’ai même célébré. Grosse erreur.)
La Dimension Morale : Quand Manger Devient Une Question De Vertu
On arrive maintenant à la partie la plus tordue de toute cette histoire.
La moralisation de la nourriture.
La recherche qui fait mal
Voici ce que les études montrent :
- Les gens qui mangent sainement sont perçus comme « plus gentils et vertueux«
- Avoir un corps mince = être « bon et vertueux«
- Avoir un corps plus large = être « mauvais et glouton«
Source : Crandall & Eshleman (2003) – PMC – Atoning Past Indulgences
Parce qu’évidemment, manger du brocoli fait de vous Mère Teresa, et manger une frite fait de vous un déchet moral ambulant.
C’est la logique. Imparable.
L’étude du Chocolate Cake (LA plus importante)
Cette étude devrait être enseignée dans toutes les écoles.
Kuijer & Boyce (2014) ont posé une question simple :
« Quand vous pensez au gâteau au chocolat, l’associez-vous avec ‘guilt’ (culpabilité) ou ‘celebration’ (célébration) ? »
Résultats :
Groupe « Guilt » :
- Se sentent MOINS en contrôle de leur alimentation
- Sont PLUS susceptibles de trop manger
- N’ont PAS une alimentation plus saine
- Ne sont PAS plus motivés à changer
Groupe « Celebration » :
- Meilleur contrôle perçu
- Moins de suralimentation
- Relations plus saines avec la nourriture
Conclusion de l’étude :
La culpabilité ne motive PAS. Elle paralyse.
Source : Kuijer & Boyce (2014) – PubMed
Mon témoignage personnel :
J’ai passé 30 ans à me flageller mentalement après chaque « écart ».
Résultat de ces 30 années d’auto-torture psychologique : Zéro amélioration.
Mais un doctorat honorifique en Self-Hatred avec mention très bien.
Bravo Hélène. Vraiment. Très productif comme stratégie.
Ce Qui Marche Vraiment (Selon La Science, Pas Instagram)
- On a fait le diagnostic.
Maintenant : la sortie.
Attention. Je ne vais PAS vous vendre de solution miracle. Pas de « 7 jours pour un nouveau vous ». Pas de « cette astuce bizarre que les nutritionnistes DÉTESTENT ».
Juste ce que la recherche montre qui fonctionne. À long terme. Pour de vrai.
1. FLEXIBLE > RIGID (Toujours. Sans Exception.)
La recherche longitudinale est claire :
Flexible restraint prédit un meilleur maintien de perte de poids à long terme.
Rigid restraint prédit l’échec, le cycle restriction/binge, et la misère psychologique.
Source : Westenhoefer et al. (1999) – PubMed
Application concrète :
❌ Rigid : « Je ne mangerai JAMAIS de sucre »
→ Échec garanti. Juste une question de temps.
✅ Flexible : « Je limite le sucre raffiné à 2-3 occasions par semaine, et je choisis mes moments consciemment »
→ Système qui respire et qui tient dans la durée.
❌ Rigid : « Pas de glucides après 18h »
→ Règle arbitraire qui va exploser à la première invitation à dîner.
✅ Flexible : « Je privilégie les protéines et légumes le soir, sauf occasions spéciales »
→ Ligne directrice avec espace de manœuvre.
La clé : Éliminer les mots « jamais » et « toujours » de vos règles alimentaires.
Dès que vous utilisez ces mots, vous venez de créer une bombe psychologique.
2. Dé-moraliser la Nourriture (Complètement)
La pratique :
Remplacer TOUT le langage moral par un langage neutre.
Exemples concrets :
❌ « Aliment bon/mauvais »
✅ « Aliment dense/moins dense en nutriments »
❌ « J’ai été mauvaise aujourd’hui »
✅ « J’ai choisi des aliments différents de mes objectifs habituels »
❌ « Je dois être sage cette semaine »
✅ « Je vais suivre mon plan cette semaine »
❌ « Ce dessert est un péché »
✅ « Ce dessert est riche en sucre »
One-liner que j’aurais aimé comprendre à 20 ans :
Une frite n’a pas d’opinion morale sur vous.
Arrêtez de lui donner ce pouvoir.
3. Identity-Based > Outcome-Based
Ici, je dois remercier James Clear et son livre Atomic Habits (25 millions de copies vendues, donc ce n’est pas moi qui invente).
Le principe :
Focus sur QUI vous devenez, pas QUOI vous atteignez.
Exemples :
❌ Outcome-based : « Je veux perdre 10kg »
✅ Identity-based : « Je suis quelqu’un qui nourrit son corps intelligemment »
❌ Outcome-based : « Je vais faire un régime pendant 3 mois »
✅ Identity-based : « Je suis une personne disciplinée qui fait des choix alignés avec ses valeurs »
Pourquoi ça marche :
Chaque choix devient un vote pour votre identité.
Vous ne faites pas de choix sains parce que vous « devez ». Vous en faites parce que c’est qui vous êtes.
Source : James Clear, Atomic Habits – Site officiel
4. Physiologique > Cognitif (Réapprendre À Écouter)
Mon parcours personnel (100% honnête) :
Réapprendre à écouter mes signaux de faim et satiété après des décennies de contrôle mental complet :
Semaine 1 : « Attends, c’est quoi cette sensation bizarre dans mon estomac ? »
Semaine 4 : « Oh… c’est la FAIM. Ça alors. Je m’en souvenais plus. »
Mois 3 : « Mon corps sait vraiment quand il en a assez. Qui l’aurait cru ? »
Spoiler : Votre corps sait.
10 millions d’années d’évolution ne se trompent pas.
Vous avez juste oublié comment l’écouter parce que vous avez passé des décennies à ignorer ses signaux au profit de vos calculs mentaux.
La pratique :
Avant de manger : « Ai-je vraiment faim ou est-ce une autre raison ? »
Pendant : « Comment je me sens ? Rassasié ? Encore faim ? »
Après : « Comment mon corps réagit-il à ce que je viens de manger ? »
5. Self-Compassion > Self-Criticism
La recherche est claire :
Compassion-Focused Therapy (CFT) et Mindful Self-Compassion (MSC) réduisent efficacement :
- La honte
- L’auto-critique
- Les comportements alimentaires motivés par la détresse
Source : PMC – Exploring the Role of Guilt in Eating Disorders
La pratique concrète :
Quand vous « craquez » :
❌ Auto-critique : « Je suis nulle. Je n’ai aucune volonté. Je suis faible. »
→ Résultat : Plus de honte, plus de restriction rigide, cycle continue
✅ Compassion envers soi : « J’ai eu un moment difficile. C’est humain. Qu’est-ce que j’apprends de ça ? »
→ Résultat : Observation, apprentissage, ajustement
La vérité brutale :
La critique (sans bienveillance) ne vous a JAMAIS rendue meilleure.
Jamais.
Pas une seule fois de toute votre vie.
L’observation bienveillante ? Oui
Un Dernier Point Crucial
Soyons clairs sur ce que je ne vous vends PAS :
❌ Une transformation en 7 jours (parce que vous n’êtes pas un Pokémon)
❌ Un corps Instagram en 30 jours (spoiler : les corps Instagram n’existent pas sur Instagram non plus)
❌ Une solution miracle (si j’en avais une, je serais milliardaire sur une île privée, pas en train d’écrire cet article)
❌ Que ce sera facile (désolée, la vérité n’est pas sexy)
Ce que je vous promets VRAIMENT :
✅ C’est basé sur la recherche scientifique (vraie, peer-reviewed, pas « une étude montre que… »)
✅ Ça marche si vous êtes persistante (je sais, « persistante » = le mot le moins glamour de l’univers)
✅ C’est durable (genre, pour la vie, pas jusqu’à jeudi prochain)
✅ Vous allez enfin sortir de la prison mentale (et ça, ça n’a pas de prix)
Mon Appel À L’Action
Pas de vente.
Juste : Identifiez votre profil.
Vous êtes plutôt :
- Restrained (rigid ou flexible ?)
- Emotional eater
- External eater
- Un combo des trois
Puis : Observez (sans vous juger) pendant une semaine.
Notez quand le système binaire s’active.
Notez quand la moralisation apparaît.
Notez quand la honte vous envahit.
C’est le premier pas.
Le seul qui compte vraiment.
Parce que vous ne pouvez pas changer ce que vous ne voyez pas.
One-Liner Final
La discipline n’est pas une cage. C’est une structure qui respire.
Votre ancien système : Cage de fer qui s’effondre au moindre choc
Solidité apparente : 10/10
Résistance réelle : 0/10
Résultat : Ruines psychologiques et pot de Nutella vide
Votre nouveau système : Bambou qui plie mais ne casse pas
Solidité apparente : 6/10
Résistance réelle : 9/10
Résultat : Vous survivez aux tempêtes sans finir en position fœtale devant le frigo
(Oui, je viens de faire une métaphore zen. Oui, c’est cliché. Non, je ne médite pas 2h par jour. Oui, je mange encore du Nutella parfois. Mais maintenant je le fais sans me détester pendant 3 jours. Progrès.)
Sources Scientifiques
Parce que je ne vous demande pas de me croire sur parole.
- Herman, C.P., & Mack, D. (1975) – « Restrained and unrestrained eating » – Journal of Personality – 2,522 citations – SSIB
- Herman, C.P., & Polivy, J. (1984) – « Boundary Model of Eating Behavior » – PsychStory
- Polivy, J., & Herman, C.P. (2020) – « Overeating in Restrained and Unrestrained Eaters » – PMC
- Westenhoefer, J. et al. (1999) – « Cognitive and weight-related correlates of flexible and rigid restrained eating » – PubMed
- Van Strien, T. et al. (1986) – « Dutch Eating Behavior Questionnaire (DEBQ) » – Frontiers
- Fredrickson, B.L., & Roberts, T.A. (1997) – « Objectification Theory » – PMC
- Grabe, S., Ward, L.M., & Hyde, J.S. (2008) – « The role of the media in body image concerns among women: A meta-analysis » – Springer
- Kuijer, R.G., & Boyce, J.A. (2014) – « Chocolate cake guilt or celebration study » – PubMed
- Crandall, C.S., & Eshleman, A. (2003) – « Food moralization » – PMC
Clear, J. (2018) – Atomic Habits – Site officiel
